lundi 7, septembre 2026

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Logone Occidental : 14 villages rasés et des milliers d'otages sous le silence complice de l'État

Dans le département de Dodjé, la loi de la force a définitivement remplacé celle de la République. Au cœur de la région du Logone Occidental, de la préfecture de Beinamar à la sous-préfecture de Laokassy, des populations entières se font violemment chasser de leurs propres terres.

L'injonction imposée aux autochtones est aussi illégale que brutale : il est désormais formellement interdit de labourer. Les champs, qui assuraient la survie et la dignité de ces communautés agricoles, sont aujourd'hui occupés de force par des éleveurs peulhs et leurs vastes troupeaux de bœufs. C'est une véritable dépossession de masse, une chasse à l'homme qui ne dit pas son nom, orchestrée pour transformer des terres arables en pâturages exclusifs.

 

La violence de cette occupation laisse derrière elle un paysage de désolation absolue. Pas moins de 14 villages ont été totalement rayés de la carte. Des centaines de familles, dépouillées de tout, se retrouvent jetées hors de chez elles. Hommes, femmes et enfants sont aujourd'hui condamnés à passer leurs nuits à la belle étoile, le regard tourné vers les cendres de leurs cases incendiées par les nouveaux maîtres des lieux. Le bétail, lui, se nourrit grassement sur les ruines d'une agriculture locale délibérément sacrifiée.

 

Face à ce nettoyage dramatique, le mutisme des autorités résonne comme une trahison. Ce silence complice de l'administration valide de facto la terreur. Pire encore, l'appareil d'État se retourne contre les victimes elles-mêmes. Constatant l'impossibilité absolue de cultiver et de survivre, de nombreux jeunes prennent la décision douloureuse d'abandonner leur village pour fuir la misère.

Mais même cet exil de la dernière chance leur est refusé. Les gendarmes interviennent non pas pour protéger les populations agressées, mais pour bloquer ces départs, piégeant sciemment une jeunesse désespérée dans un huis clos terrifiant. Empêchés de fuir, mais interdits de labourer, les habitants de Dodjé sont devenus des otages sur la terre de leurs ancêtres. Ce drame humain exige une condamnation nationale immédiate : l'État ne peut plus regarder ailleurs pendant que ses citoyens se font exproprier, affamer et parquer dans l'indifférence générale.