lundi 7, septembre 2026
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À la date symbolique du 3 août 2026, marquant leur centième jour de détention, l’opposant politique tchadien Max Kemkoye a adressé un message direct et sans concession au président de la République, Mahamat Idriss Deby ITNO.
Rédigée au nom de ses compagnons d'infortune, dont Ahmed Bokori Nima, Badono Daïgou, Mahamat Djara Digueï et Nasour Koursami, cette lettre ouverte dresse un réquisitoire contre le système judiciaire tchadien tout en lançant un appel solennel pour éviter au pays un « chaos » imminent.
Une arrestation jugée politique et arbitraire
Dans sa missive, le président du parti politique remet vivement en cause les motifs de son incarcération. Arrêtés le 25 avril 2026 suite à une plainte déposée la veille, les leaders de l'opposition font face à des accusations d'attroupement armé, de rébellion, de détention d'armes de guerre, de mouvement insurrectionnel et d'association de malfaiteurs. Des griefs que Max Kemkoye qualifie de purs artifices juridiques, affirmant que leur démarche s'inscrivait uniquement dans un cadre constitutionnel et pacifique pour réclamer le respect des droits et de la justice.
Condamné en première instance le 8 mai 2026 à huit ans de prison, l'opposant rappelle avoir immédiatement interjeté appel le 14 mai, ce qui lui confère légalement le statut d'appelant et non de condamné définitif. Il déplore une situation inédite dans l'histoire politique du Tchad, soulignant que jamais auparavant neuf chefs de partis politiques n'avaient été frappés simultanément par de telles condamnations. Selon lui, cette détention, subie par plusieurs dizaines d'autres citoyens, n'a apporté aucun « dividende » au pays mais a plutôt détérioré l'image institutionnelle du Tchad à l'international.
Le spectre du « chaos » et l'urgence des réformes
Évoquant la célèbre mise en garde du feu président Idriss Deby Itno « après moi ça sera le chaos », Max Kemkoye interpelle directement son fils et successeur à la tête de l'État. Il l'exhorte à prendre ses responsabilités à mi-mandat pour éviter la déliquescence de l'État, affirmant que les prémices d'une crise systémique sont déjà visibles au sein de l'administration et de la gouvernance publique.
Pour sortir de cette impasse sociale, économique et politique, l'opposant propose une feuille de route axée sur la refondation institutionnelle :
Un colloque national pluridisciplinaire : le rassemblement des compétences et des expertises nationales et de la diaspora pour apporter des solutions concrètes aux besoins sociaux de base.
Des assises sectorielles et réconciliatrices : l'organisation de rencontres nationales axées sur le pardon, la catharsis et la réconciliation républicaine.
Une conférence nationale administrative et budgétaire : une réorganisation structurelle visant à restaurer l'éthique publique, la transparence financière et l'autorité de la loi.
En appelant le chef de l'État à dépasser la gestion clanique pour redevenir le « Président de tous les Tchadiens », Max Kemkoye conclut son message par un rappel aux principes républicains, affirmant que la légitimité d'un pouvoir repose sur la confiance et le consentement des citoyens, et non sur la seule force des armes.